Newsletter Octobre 2017

Publié le : 23/04/2018 11:53:22
Catégories : Wine News

Comme chaque année à cette période, les domaines viticoles sont occupés à la tâche la plus symbolique de la production de vins, à savoir les vendanges. 

Cette année risque fort d’être moins prolifique que la précédente et il est important de rappeler les enjeux, avant de faire notre traditionnel tour d’horizon du marché des grands vins. 

1- Le millésime 2017 : 

Comme nous l’évoquions le trimestre dernier, le millésime qui se présente aura beaucoup souffert. Le gel en avril sur plusieurs régions a sans doute été l’épisode le plus douloureux, mais la grêle, puis le déficit hydrique ont ajouté cet été, par endroits, une pression supplémentaire sur une récolte déjà maigre. D’après les informations transmises par le service statistique du ministère de l’agriculture, AGRESTE, la production française est attendue en baisse de 18 % par rapport à 2016, et de 17% par rapport à la moyenne des 5 dernières années, à 37 millions d’hectolitres … Voire un peu moins. 

En effet, Jérôme Despey, viticulteur et président du conseil spécialisé des vins de FRANCE-AGRIMER, souligne que les mesures du ministère ont été effectuées en août, avant le début des vendanges. Or, dans la majorité des régions, il semble que la réalité des récoltes soit encore plus sévère, au point d’envisager le plus faible volume de « l’après seconde guerre mondiale ». Les vendanges 2017 seront donc vraisemblablement les plus basses depuis 72 ans, plus basses encore que celles de 1991, qui avaient également été fortement pénalisées par un épisode de gel. 

Car c’est bien le gel qui s’est brutalement abattu à la fin Avril sur la plupart des régions françaises qui a endommagé la vigne au plus mauvais moment, tandis que son cycle végétatif avait déjà démarré. 

Les vignobles du Sud-Ouest (Bordeaux et Cognac en tête) et du Nord-Est (Alsace et Jura) ont été les plus touchés. La production de Cognac pourrait même afficher un recul de 31 % par rapport à 2016. Dans d’autres régions, comme la Loire et la Champagne, le volume sera sensiblement meilleur grâce aux contre-bourgeons qui ont réussi à « prendre le relai », et aux excellentes conditions de floraison. 

Mais ailleurs, la grêle a également frappé, comme sur une partie de la Bourgogne et dans le Languedoc, ou bien ce fut la coulure (chute des fleurs ou des baies) en Provence, ou encore la canicule dans la vallée du Rhône. Ces évènements ont tous participé à réduire un peu plus les volumes sur ces régions, et il en va de même en Italie et dans une bonne partie des vignobles européens. 

La baisse de volume pourrait là aussi dépasser 30% à Bordeaux

Fort heureusement, les conditions climatiques de l’été et l’arrière-saison ont été très favorables et les raisins qui ont survécu sont dans un excellent état sanitaire. En clair, un millésime rare mais de bonne qualité… Voilà qui rappelle 1945 ! 2 

Cette dernière remarque n’est évidemment pas innocente, tant la rareté et la qualité peuvent être de redoutables alliées dans une perspective de hausse importante des prix du vin… 

Cependant, il reste deux éléments modérateurs d’une telle perspective : 

- En particulier, le volume et la qualité de 2015 dont les bouteilles arrivent progressivement sur le marché, et de 2016 qui suivra assez vite, devraient relativiser la sensation de pénurie ; 

- Plus encore, il convient de rappeler que plus de 75% des crus classés à Bordeaux n’ont presque pas été touchés par le gel, et que le volume réel des plus grands vins sera sans doute plus important qu’on pourrait le croire (cf. lettre précédente). 

2- Observations du Marché des grands vins : 

A Londres, l’indice le plus large, le Liv-Ex 1000, a progressé de 2% depuis le 30 Juin et de 7% depuis le 1er Janvier. 

Calculé en Livre Sterling, sa progression en Euro est identique sur trois mois, mais elle se limite à un peu plus de 4% sur l’année. 

Sur 10 ans, et malgré les crises traversées, l’indice a progressé de 74% pour passer de 185 pts à 321 pts (cf. courbe ci-dessous). 

En France, l’indice Winedex 100 calculé par la société Idealwine mesure l’évolution des prix enregistrés lors des ventes aux enchères des plus grands vins français (Bordeaux, Bourgogne et Rhône). 

Sur 10 ans, son évolution est encore plus spectaculaire avec une progression de plus de 140%, pendant que les actions françaises se tassaient de presque 7%.

En progression régulière, le marché des grands vins reste cependant toujours contraint par une liquidité limitée. 

A ce sujet, le tableau ci-dessous nous montre que la part des vins de Bordeaux est toujours largement majoritaire avec plus de 70% des échanges effectués sur le Liv-Ex en Septembre 2017. 

Il est d’ailleurs très intéressant de souligner le retour en force du Château Lafite Rothschild qui retrouve la première place au rang des vins les plus échangés pour la première fois depuis le début de sa correction entamée il y a presque 5 ans … Faut-il y voir un signe ? 

Enfin, le stock d’Invest Cellar a enregistré sa première vente à la fin du mois de septembre (6 bouteilles pour 1116 €). Il est valorisé aujourd’hui à un niveau de 205 k€. 

HL

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